My musical approach / Ma démarche musicale

I believe that I have finally found the philosophical stone, namely a coherent approach, based first and foremost on the “musical archetypes” of the “primordial tradition” found in all cultures:

–) stable scales (often 7 elements, sometimes less, rarely more)

–) a periodic and cyclic pulsation

–) limited stamps

–) an often extra-musical logic (sacred music, music to dance, to think…).

with four historical reference points:

–) rock music, for energy

–) contemporary music, for concepts

–) electronics (for the poetry of the stamps and the total control of the execution and the eradication of the human factor outside the creator)

–) and finally the baroque music, for the simple structures, the steps, the light orchestration and the magic of movement.

For improvisation, I improvise a lot with arpeggiator which allows me to have an instantaneous performance security, linked to a great flexibility, and an omnipresence of pulsation. I finally understand from the inside what Miles Davis was playing, this desire for space… In fact, it’s instantaneous creation in a logic of constraints. And baroque, from this point of view, is very useful because it rests, like minimalists, on arpeggio as a founding process. My improvisations are almost nothing but arpeggios on two octaves, with chromatisms to spice up the taste…

After, I oscillate, from album to album, between very easy or pleasant things and experimental hardcore approaches. But the approach remains the same and stabilizes: 4 voices maximum, melody and harmony with acoustic instruments, pulsations and electro timbres with synths. And with my concept of validation: the music obtained must never resemble music from the past, it must always contain at least one element of today, impossible or unthinkable in the past.

Composing a lot like I do by introducing constraint improvisation also makes it possible to create pieces that are only an instant t of an a priori infinite process: I could let each piece rotate in eternity… hence the more and more pronounced use at home of fade-in fade-out, as a snapshot of a deleuzian vanishing line, a zoom on an organic sound flux having its own logic and life. I believe less and less in the classical and/or serial form with its structural rigidity, but rather in its plasticity, its organicist and non-teleological dimension.

I believe that with all this, I am finally touching the unity of my work, both reduced in its sources and limitless in its creation, to an acoustic/electronic, contemporary/baroque fusion, thanks to the Machine, that I carried in me since 1985 and my first computer (a CX5M Yamaha), but that I couldn’t live, both for material reasons (the machines rowed too much) and intellectual/spiritual reasons (I wouldn’t let the music come to me and through me, in its specificity).

We’re living in a great time! 🙂

 

Je crois que j’ai enfin trouvé la pierre philosophale, à savoir une démarche cohérente, fondée d’abord sur les « archétypes musicaux » de la « tradition primordiale », que l’on retrouvent dans toutes les cultures:

—) échelles stables (souvent 7 éléments, parfois moins , rarement plus)

—) une pulsation périodique et cyclique

—) des timbres limités

—) une logique souvent extra-musicale (musique sacrée, musique pour danser, pour penser…).

avec quatre points de références historiques:

—) le rock, pour l’énergie

—) le contemporain, pour les concepts

—) l’électronique (pour la poésie des timbres et le contrôle total de l’exécution et l’éradication du facteur humain extérieur au créateur)

—) enfin le baroque, pour les structures simples, les marches, l’orchestration légère et la magie du mouvement.

Pour l’impro, j’improvise beaucoup avec l’arpégiateur qui permet d’avoir une sûreté d’exécution instantanée, liée à une très grande souplesse, et une omniprésence de la pulsation. Je comprends enfin de l’intérieur ce que jouait Miles Davis, cet envie d’espace… En fait, c’est de la création instantanée dans une logique de contraintes. Et le baroque, de ce point de vue, est très utile car il repose, comme les minimalistes, sur l’arpège en tant que processus fondateur. Mes impros ne sont quasiment que des arpèges sur deux octaves, avec des chromatismes pour corser le goût…

Après, j’oscille, d’album en album, entre des choses très faciles ou agréables et des approches expérimentales hardcore. Mais la démarche reste la même, et se stabilise: 4 voix maximum, mélodie et harmonie aux instruments acoustiques, pulsations et timbres electro aux synthés. Et avec mon concept de validation: la musique obtenue ne doit jamais ressembler à une musique du passé, elle doit toujours comporter au moins un élément d’aujourd’hui,impossible ou impensable autrefois..

Composer beaucoup comme je le fais en introduisant de l’impro contrainte permet aussi de créer des morceaux qui ne sont qu’un instant t d’un process a priori infini: je pourrais laisser tourner chaque morceau dans l’éternité… d’où l’usage de plus en plus prononcé chez moi des fade-in fade-out, comme un instantané d’une ligne de fuite deleuzienne, un zoom sur un flux sonore organique possédant sa logique et sa vie propre. Je crois de moins en moins à la problématique de la forme classique et/ou sérielle avec sa rigidité structurelle, mais plutôt à sa plasticité, sa dimension organiciste et non-téléologique.

Je crois qu’avec tout ça, je touche enfin à l’Unité de mon travail, à la fois réduit dans ses sources et sans limite dans sa création, à une fusion acoustique/électronique, contemporain/baroque, grâce à la Machine, que je portais en moi depuis 1985 et mon premier ordi (un CX5M Yamaha), mais que je ne parvenais pas à vivre, tant pour des raisons matérielles (les machines ramaient trop) qu’intellectuelles/spirituelles (je n’acceptais pas de laisser la musique venir à moi et à travers moi, dans sa spécificité).

On vit une époque formidable ! 🙂